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15 février 2015

Grand Paris Express : des tonnes de déchets en sous-sol

Le chantier du Grand Paris Express, le futur métro automatique, va engendrer des montagnes de déchets pendant quinze ans. Mal gérés, selon des députés très inquiets.

Le chantier du Grand Paris Express va générer au moins 60 millions de tonnes de déblais entre 2015 et 2030. L'équivalent de 1,5 million de semi-remorques. La Société du Grand Paris (SGP), chargée de construire le futur métro automatique, ses 72 gares et leurs quartiers alentour, évoque de son côté "environ 20 millions de mètres cubes, soit l'équivalent de 7.000 piscines olympiques". Les trois quarts de ces déchets proviendront du creusement des 200 km de tunnels autour de la capitale, des accès de secours et des puits d'aération ; le reste résultera de l'édification des gares et des centres de maintenance, de la démolition-reconstruction des immeubles adjacents, etc. Selon la SGP, les déblais à évacuer correspondront à "2.000 tonnes par jour en moyenne" (sic*), via une ou deux péniches ou 75 camions, quotidiennement, pendant quinze ans. Derrière ces chiffres, l'établissement public assure que tout a été "anticipé", avec le souci de "minimiser les incidences potentielles sur l'environnement".

"Promouvoir le recyclage des terres excavées"

Mais tout le monde ne partage pas cet optimisme. Un rapport d'information parlementaire a été remis à la mi-décembre par deux députés franciliens de la commission du développement durable de l'Assemblée nationale, Yves Albarello (UMP) et Alexis Bachelay (PS), chargés du suivi de la loi de 2010 relative au Grand Paris. Ceux-ci, après avoir auditionné pendant deux ans tous les acteurs du dossier, soulignent notamment "de nombreuses problématiques de soutenabilité". Ils se félicitent que "la SGP [ait] dû "revoir sa copie" de manière significative" avant le premier coup de pioche de la ligne 15, entre Pont-de-Sèvres et Noisy-Champs. Mais "cette prise en compte [des enjeux environnementaux] peut être encore considérablement améliorée".
Le rapport parlementaire met en évidence "des capacités de stockage insuffisantes". La SGP recense 18 installations de stockage pour les déchets inertes (réutilisables), dix pour les déchets non dangereux et trois pour les déchets dangereux. "Il est évident que ce n'est pas assez, la SGP n'a pas vu assez grand. Au début, elle parlait de 40 millions de tonnes de déblais ; elle a été obligée de réévaluer son chiffrage à 60 millions", précise Alexis Bachelay. Conséquence : il faudra prévoir d'autres espaces de stockage, dans le Val-d'Oise – à Pierrelaye, sur un terrain que la Ville de Paris pourrait vendre à la SGP –, en Seine-et-Marne, voire au-delà de l'Île-de-France. Mais cela pose d'autres problèmes de développement durable.

Des sites pollués encore non identifiés?

C'est pourquoi les deux rapporteurs proposent de "mettre en place une véritable économie circulaire". Les terres excavées (sable, limons, argile, graviers…) et les déchets du BTP (béton, briques, verre, ballasts…) doivent pouvoir être "valorisés" et réemployés au maximum sur place, disent-ils. Afin de "limiter les déplacements des déchets", ils suggèrent la création de "plates-formes de stockage temporaires, près des chantiers", qui permettraient de les réutiliser directement, "in situ". Aujourd'hui, la région importe 45 % de sa consommation de granulats naturels (30 millions de tonnes par an) ; "près de 17 % des matériaux consommés en Île-de-France en 2010 avaient parcouru plus de 120 km entre leur lieu de production et leur lieu de consommation. Le Grand Paris peut être l'occasion de promouvoir à grande échelle le recyclage des terres excavées". Les deux députés préconisent de faire évoluer la réglementation en ce sens. Néanmoins, la SGP doute de la faisabilité de cette idée : "La réutilisation sur place de matériaux excavés sur site imposerait de pouvoir disposer de larges emprises pour effectuer la transformation des matériaux parfois pollués", prévient-elle.
Autre piste : "Les cahiers des charges des marchés publics devraient inclure la possibilité, voire l'obligation, d'utiliser des matériaux de construction recyclés", recommande le rapport. Alexis Bachelay va plus loin : "La SGP va être donneur d'ordre sur des centaines de chantiers, auprès de milliers d'entreprises ; elle doit pouvoir fixer les règles du jeu. Elle pourrait élaborer une charte, une sorte de label fixant quelques grands principes incontournables pour des chantiers exemplaires et écoresponsables." La loi sur la transition énergétique prévoit déjà un objectif de valorisation des déchets dans le BTP de 70 % à horizon 2020 (contre 40 % aujourd'hui). Le Grand Paris pourrait montrer l'exemple en dépassant cet objectif.
Autre inquiétude, les déblais pollués. Selon la Direction régionale et interdépartementale de l'environnement et de l'énergie (Driee) d'Île-de-France, 5.000 hectares dans l'agglomération parisienne, dont 1.500 à Paris et en petite couronne, seraient pollués, à cause de l'"héritage industriel très important" de la région (hydrocarbures, métaux lourds, solvants, amiante…). "La mise en œuvre du Grand Paris pourrait conduire à la découverte de sites pollués non identifiés jusqu'à présent", note le rapport. Concernant ces déblais non réutilisables, les deux députés réclament, à l'unisson des associations écologistes, que soient "privilégiés les modes de transports alternatifs, par voie fluviale ou ferrée". Pour Michel Riottot, président d'honneur de l'association IDF Environnement (IDFE), "Il est absurde de creuser des tunnels partout. Le volet environnemental a été un peu bâclé." Un constat que n'est pas loin de partager le rapport parlementaire. 
* Selon nos calculs, cela équivaut à 11 millions de tonnes sur quinze ans.
dimanche 18 janvier 2015

6 février 2015

Recycler tous les emballages plastiques, c’est possible !

à voir sur Le Gorafi
Fruit de deux années de travaux préparatoires, la loi sur la transition énergétique, portée par Ségolène Royal et adoptée par l’Assemblée nationale à la mi-octobre, devrait être examinée en février 2015 par les sénateurs. Parmi les différents leviers d’actions de la loi, l’un d’entre eux prévoit de réduire de 50% la quantité de déchets mis en décharge d’ici 2025, de recycler 55% des déchets non dangereux et de favoriser l’énergie issue de la valorisation des déchets non recyclables.

29 septembre 2014

Pourquoi la production de déchets ménagers a baissé en Ile-de-France ?

Gazette des communes  -   le 12/03/2014 • Mis à jour le 20/05/2014 • Par Arnaud Garrigues, Hugo Thérond 
Les chiffres publiées par l’Observatoire régional des déchets d’Ile-de-France (Ordif) le 11 mars 2014 concernant la production des déchets ménagers franciliens font apparaitre une légère baisse (-1,7%) sur l'année 2012. Derrière cette évolution globale, se cachent une baisse constante des tonnages d'ordures ménagères et une faible hausse des déchets apportés en déchetteries.
A quelques journées d’intervalles, la publication de différents chiffres concernant la production de déchets ménagers est venue semer un trouble dans nos esprits.
D’un côté, l’annonce de la légère baisse (-1,7%) de la quantité de déchets ménagers et assimilés (DMA) collectés en région francilienne en 2012, annoncée le 11 mars 2014 par l’Observatoire régional des déchets d’Ile-de-France (Ordif), où il ressort que chaque habitant a produit 472 kg/an de DMA.
De l’autre, l’Ademe a publié son enquête nationale bi-annuelle(1) qui témoigne d’une augmentation de 3 % de la quantité des DMA collectés, pour atteindre désormais 590 kg/habitant/an.

Hausse constante en déchetterie - Comment interpréter ces signaux divergents, observés sur des territoires certes différents (Ile-de-France et territoire national) mais sur des années proches (2012 et 2011) ?

3 juillet 2014

Déchets ménagers : les pistes de l’Ademe pour augmenter le tri et le recyclage d’ici 2030

Quelles sont les orientations souhaitables pour le tri et le recyclage des déchets ménagers en 2030 ? C'est l'objet d’une étude de l'Ademe, qui appelle de profonds changements, avec l'extension des consignes de tri, des centres de tri moins nombreux et davantage automatisés, et un éventuel scénario de tri en deux étapes. Décryptage.
Alors que les collectes séparées multi-matériaux et les centres de tri sont apparus il y a une vingtaine d’années, il s’agit aujourd’hui de répondre à de nouveaux enjeux : augmenter les quantités recyclées,

12 mai 2014

Grève des éboueurs dans toute la France

Reconductible jusqu’au 15 mai, le mouvement des agents chargés de la collecte et du traitement des déchets est « bien suivi », selon la CGT, qui a lancé l’appel à la grève

Éboueurs, balayeurs, chauffeurs, agents de tri et de traitement des déchets étaient invités à participer lundi 12 mai à un mouvement national reconductible pour réclamer notamment une meilleure prise en compte de la pénibilité.

Eboueur au Mans. (JEAN-FRANCOIS MONIER/AFP)

Eboueur au Mans. (JEAN-FRANCOIS MONIER/AFP)
En Île-de-France, il y a entre 40 % et 90 % de grévistes dans les différentes entreprises prestataires selon le secrétaire général de la fédération CGT transports, Jérôme Vérité, qui précise ne « pas avoir de remontées de la province pour le moment ».

« 5 ANS ET DEMI D’ESPÉRANCE DE VIE EN MOINS »

« Tout le monde s’accorde à dire que ces métiers sont pénibles et peu gratifiants, mais ils sont essentiels au bien-être de tous », explique Baptiste Talbot, de la fédération CGT des Services Publics cosignatrice du préavis de grève. Or, « ces missions se font au détriment de la santé de nos collègues ».
Ce syndicat, majoritaire dans la filière, rappelle qu’une étude a montré que les professionnels de la branche ont « 5 ans et demi d’espérance de vie en moins » que les cadres ou les administratifs. Il réclame « un départ en retraite anticipé de 5 à 10 ans selon l’exposition », une « réduction du temps de travail pour les travaux insalubres » ainsi qu’une « revalorisation salariale ».
Selon la CGT, qui espère être reçue au ministère du Travail dans la journée, la filière compte 35 000 agents dans le public et autant dans le privé. Pour la première fois, le mouvement mobilise à la fois les salariés du privé et les agents publics.

2 mai 2014

Les éboueurs publics et privés s’unissent pour une grève nationale le 12 mai


Les fédérations CGT des services publics et celle des transports ont déposé un préavis de grève nationale, le 12 mai, pour tous les agents de la propreté et des déchets. Les agents des villes et des entreprises privées s’unissent pour une reconnaissance de la pénibilité de leur travail.
La Gazette le 30/04/2014 • Par Hélène Huteau 

Public, privé : même pénibilité, même combat. Pour la première fois les éboueurs lancent un appel commun à la grève nationale, le 12 mai, reconductible, éventuellement jusqu’au 15.

6 novembre 2013

Ordures ménagères

La Fédération des villes moyennes propose un guide « Collecte et traitement des déchets ménagers : quels coûts dans les villes moyennes ? ».

Chiffres, graphiques et camenberts sur l'organisation du service des déchets ménagers, le financement, et les coûts globaux.

Les photos illustrant cet utile ouvrage sont fournies par Suez Environnement…

14 juin 2013

Papiers : deux collectivités sur trois diffusent des consignes de tri dépassées

Quelque 70 % des collectivités communiquent sur le tri des seuls articles de presse, qui ne représentent qu’un tiers du gisement valorisable. La charte, qu’Ecofolio et trois associations d’élus ont signée, mercredi 12 juin 2013 à Paris, vise l’actualisation des consignes par toutes les collectivités d’ici 2016.

12 juin 2013

Projet de hausse de TVA sur la collecte des déchets

Par L. Madoui  Publié le 11/06/2013 
Amorce propose, le 11 juin 2013, que le projet de hausse de TVA sur les services liés aux déchets soit remplacé par une taxe sur les produits non recyclables mis sur le marché. Pour l’Etat, le produit serait équivalent - autour de 200 millions d’euros par an. Mais ce sont les consommateurs, non plus les contribuables locaux, qui seraient mis à contribution.

7 mai 2013

grève des éboueurs le 6 mai

Grève suivie dans plusieurs villes - Ci-dessous, article de l'APP, un autre dans l'Huma, un témoignage sur ce travail difficile dans Rue89, et un article du Parisien sur la fin de la grève de 6 jours à Veolia Otus sur Gennevilliers, Villeneuve et Nanterre


20 mars 2013

40 % seulement des déchets municipaux recyclés dans l’Union européenne

AFP | Europe | Publié le 19/03/2013                     

  L'Europe "gâche des volumes importants de ressources précieuses" en ne recyclant que près de 40 % de ses déchets municipaux, avec des disparités fortes entre les meilleurs élèves que sont l'Autriche et l'Allemagne, et la Bulgarie, bonne dernière, alerte mardi 19 mars 2013 l'Agence européenne pour l'environnement (EAA).

10 mars 2013

Déchets du BTP : les élus de Seine-et-Marne en appellent à la solidarité régionale


Déchets du BTP : les élus de Seine-et-Marne en appellent à la solidarité régionale

La Seine-et-Marne est la destination privilégiée des déchets du bâtiment et des travaux publics. Le conseil général veut faire de l’élaboration du plan régional d’élimination des déchets de chantiers (Predec) « l’occasion de résorber ce déséquilibre ».
Deux tiers des capacités franciliennes de stockage des déchets du bâtiment et des travaux publics (BTP) sont concentrés en Seine-et-Marne.
Alors que le site d’Annet-sur-Marne, l’un des 19 que compte le département, vient d’obtenir une autorisation préfectorale d’extension, le conseil général dit « stop ! » à ce statut de terre d’accueil. Dans un communiqué du 28 février, les élus de la majorité départementale (PS, EELV, PC) « dénoncent le manque de solidarité régionale » et souhaitent, « au nom du rééquilibrage territorial », que les nouvelles autorisations de stockage « soient limitées aux besoins du département ».
Ce territoire accueille chaque année 5 millions de tonnes de déchets du BTP et « les travaux à venir du Grand Paris Express pourraient engendrer (…) 20 millions de mètres cubes supplémentaires », alertent les élus. Ces derniers, qui manifestaient le 2 mars à Annet-sur-Marne font circuler une pétition appelant le préfet de région à organiser une table ronde.
Un ras-le-bol jugé légitime à la région - Au conseil régional, Hélène Gassin, vice-présidente (EELV) en charge de l’environnement, juge « légitime » la colère des élus et des associations seine-et-marnaises. Le « ras-le-bol » apparaît d’autant plus compréhensible que « se multiplient les demandes de création ou d’extension de sites de stockage de déchets inertes ».
L’Ile-de-France est à mi-chemin de l’élaboration du Plan régional de prévention et de gestion des déchets issus des chantiers du bâtiment et des travaux publics (Predec).
Le document, attendu pour 2014, doit évaluer la future production de déchets et les besoins d’enfouissement. Un document préparatoire met en garde sur le « seuil critique » qu’atteindront les capacités régionales de stockage « à l’horizon 2015 ». En d’autres termes, il faudra redoubler d’efforts sur la prévention et le recyclage.